Et nous étions repartis pour voir cette fichue expo au SVL de Boston. Encore un de leur plan catho pour nous rendre dingues. A croire que c'est leur but ?! Expo Al-Andalous ... Non mais vraiment on n'a rien de mieux à faire au lycée ? Comme réviser son bac ou boucler son programme de maths, celui qu'on à jamais réussit à finir à cause ... Ah bah tiens, à cause de leurs expos à la noix ! Bon je passe mes nerfs mais c'est rien, juste une petite crise, avec moi c'est souvent vous verrez. Donc où en étais-je ? Ah oui, nous étions repartis voir cette fichue expo ... Bon on prend le bus, jusque là rien d'éprouvant, si ce n'est le gros balourd qui m'a dévisagé pendant tout le trajet, mais ce n'étais pas ce qui me préoccupait le plus, non ... Ce qui m'inquiétait c'était plutôt de croiser sa gueule d'ange, parce que je me rendais dans son p'tit monde, sa p'tite ville avec sa jolie p'tite vie, celle dont il m'avait totalement zappée, avec ses gentils p'tits amis, bref : l'horreur ! Mais ce que je craignais le plus c'était de croiser sa gueule d'ange au bras de son écervelée de copine ! Bon d'accord j'exagère, elle n'est peut-être pas si stupide, n'empêche que c'est à cause d'elle que je ne le vois plus. Et puis on sait qu'il ... Ah bah, quand on parle du loup ... J'ai deux choix qui s'offrent à moi : Soit je fais face comme une jeune fille mature et responsable, soit je m'enfuis en courant et me cache dans la masse d'étudiants qui m'entourent ...
Lui : Hey ...
Je m'enfuis ?
Lui : Ca faisait longtemps.
Non sans rire ? Je ne m'en étais pas aperçu !
Bon je ne crois plus pouvoir m'enfuir ...
Moi : Oui ça fait un baille.
Je les observais. Ce petit couple parfait, main dans la main, on aurait dit un remake de Roméo et Juliette version contemporaine. Je n'avais qu'une envie c'était de partir. Et je ne crois pas qu'elle était ravie de me voir non plus. Quand à lui ... enfin lui on n'a jamais vraiment su ce qu'il pensait, mais il paraissait confus. Il ne s'imaginait certainement pas qu'il devrait assister à cette confrontation entre elle et moi. Je baissais les yeux la première. Elle commença :
Elle : Tu es contente de t'être mise entre lui et moi ?
Je la regardais interloquée, ses yeux me lançaient des éclairs. Puis je le regardais, l'interrogeant du regard. Lui aussi semblait étonné.
Moi : Excuse-moi ? Rétorquai-je.
Un malaise s'installa, je failli partir en courant. Mais mon courage repris le dessus et j'enchainai :
Moi : Je te signale que l'unique fois où j'ai été susceptible de m'interposer entre vous, vous n'étiez plus ensemble et, attend que je me souvienne ... - Je fis mine de réfléchir - ... Ah oui, tu l'avais trompé.
Elle : Tu n'es qu'une ...
Qu'une quoi ? Je ne l'ai jamais su. Je n'ai pas préféré savoir. Alors je la coupais le plus simplement du monde :
Moi : J'ai tourné la page, tu devrais en faire autant.
Il était mal à l'aise. Je lui jetais un dernier regard. Il restait interdit, spectateur de sa propre histoire.
Je crois qu'elle a tenté de répliquer, mais j'étais déjà trop loin. Je me retournai une dernière fois avant d'entrer dans la salle de l'exposition : Il lui avait lâché la main.