C'est une histoire d'hommes.
C'est une histoire de couples .

C'est une histoire de vie.

Il est loin le temps des princes charmants.
Il est trop loin le temps des baisers volés..



# Posté le mardi 01 avril 2008 11:57
Modifié le lundi 26 mai 2008 15:41


Et nous étions repartis pour voir cette fichue expo au SVL de Boston. Encore un de leur plan catho pour nous rendre dingues. A croire que c'est leur but ?! Expo Al-Andalous ... Non mais vraiment on n'a rien de mieux à faire au lycée ? Comme réviser son bac ou boucler son programme de maths, celui qu'on à jamais réussit à finir à cause ... Ah bah tiens, à cause de leurs expos à la noix ! Bon je passe mes nerfs mais c'est rien, juste une petite crise, avec moi c'est souvent vous verrez. Donc où en étais-je ? Ah oui, nous étions repartis voir cette fichue expo ... Bon on prend le bus, jusque là rien d'éprouvant, si ce n'est le gros balourd qui m'a dévisagé pendant tout le trajet, mais ce n'étais pas ce qui me préoccupait le plus, non ... Ce qui m'inquiétait c'était plutôt de croiser sa gueule d'ange, parce que je me rendais dans son p'tit monde, sa p'tite ville avec sa jolie p'tite vie, celle dont il m'avait totalement zappée, avec ses gentils p'tits amis, bref : l'horreur ! Mais ce que je craignais le plus c'était de croiser sa gueule d'ange au bras de son écervelée de copine ! Bon d'accord j'exagère, elle n'est peut-être pas si stupide, n'empêche que c'est à cause d'elle que je ne le vois plus. Et puis on sait qu'il ... Ah bah, quand on parle du loup ... J'ai deux choix qui s'offrent à moi : Soit je fais face comme une jeune fille mature et responsable, soit je m'enfuis en courant et me cache dans la masse d'étudiants qui m'entourent ...

Lui : Hey ...

Je m'enfuis ?

Lui : Ca faisait longtemps.

Non sans rire ? Je ne m'en étais pas aperçu !
Bon je ne crois plus pouvoir m'enfuir ...

Moi : Oui ça fait un baille.

Je les observais. Ce petit couple parfait, main dans la main, on aurait dit un remake de Roméo et Juliette version contemporaine. Je n'avais qu'une envie c'était de partir. Et je ne crois pas qu'elle était ravie de me voir non plus. Quand à lui ... enfin lui on n'a jamais vraiment su ce qu'il pensait, mais il paraissait confus. Il ne s'imaginait certainement pas qu'il devrait assister à cette confrontation entre elle et moi. Je baissais les yeux la première. Elle commença :

Elle : Tu es contente de t'être mise entre lui et moi ?

Je la regardais interloquée, ses yeux me lançaient des éclairs. Puis je le regardais, l'interrogeant du regard. Lui aussi semblait étonné.

Moi : Excuse-moi ? Rétorquai-je.

Un malaise s'installa, je failli partir en courant. Mais mon courage repris le dessus et j'enchainai :

Moi : Je te signale que l'unique fois où j'ai été susceptible de m'interposer entre vous, vous n'étiez plus ensemble et, attend que je me souvienne ... - Je fis mine de réfléchir - ... Ah oui, tu l'avais trompé.

Elle : Tu n'es qu'une ...

Qu'une quoi ? Je ne l'ai jamais su. Je n'ai pas préféré savoir. Alors je la coupais le plus simplement du monde :

Moi : J'ai tourné la page, tu devrais en faire autant.

Il était mal à l'aise. Je lui jetais un dernier regard. Il restait interdit, spectateur de sa propre histoire.
Je crois qu'elle a tenté de répliquer, mais j'étais déjà trop loin. Je me retournai une dernière fois avant d'entrer dans la salle de l'exposition : Il lui avait lâché la main.



# Posté le mardi 01 avril 2008 12:30
Modifié le lundi 07 avril 2008 15:32



Voila. C'était fini. Tout. All over. Todo estaba finito (je n'ai jamais su parler espagnol). Bref, le néant.
J'admets m'être sentie allégée d'un poids, après tout j'en avais rêvé de ce moment où j'arriverai à tourner la page ouvertement et à envoyer balader tout ce petit bordel. Mais était-ce vraiment la fin ? Et surtout, en avais-je vraiment envie ? J'arpentais de long en large l'exposition, je survolais les tableaux sans vraiment les voir, je parlais aux gens sans vraiment comprendre, mon corps était là, mais mon esprit était parti bien loin. Far far away. Et de là-bas je me voyais, toute petite dans ce monde de géants, discuter avec Sophie, mon amie de toujours :

Sophie : Tu m'écoutes là ? Hé ohh !? Mais t'es dans la lune ou quoi ?

Moi : Non excuse-moi, je t'écoutais ...

Sophie : Et ? Qu'est-ce que tu en penses ?

Qu'est ce que j'en pense ? J'en pense que c'est un enfoiré, et qu'elle ne vaut pas mieux, et je pense que j'ai eu raison de mettre un point final à tout ça et ...

Moi : ...

Voila, j'étais repartie. Je crois l'avoir entendue soupirer de désespoir. Je ne sais pas si c'était pour le problème qu'elle avait essayé en vain de m'expliquer, ou si c'était un soupir qui signifiait "J'abandonne". Et après tout je m'en fou. Pauvre Sophie.


# Posté le mardi 01 avril 2008 16:25
Modifié le mercredi 02 avril 2008 10:33


Il était 22h06, j'étais chez moi.
Mon portable vibrait.


" Oh dearling. Qu'est
ce que tu m'as fais
aujourd'hui ?? T'étais
ailleurs, si t'as besoin
je suis là. Bisoux ma
belle. Soph' "



Alala Soph' ! Oui elle était toujours là si j'avais besoin, toujours. Mais là, j'hésitais à l'embêter avec mes histoires à la mord moi l'noeud.


" J'vais bien, bisoux
dors bien."



A croire que je suis de crédibilité zéro parce qu'à peine une minute après je recevais :


" Raconte moi tout. "


Bon quitte à niquer mon crédit, faisons-le à fond.

Sophie : Allô ?

Moi : Hey Soph' ...

Sophie : Ah enfin tu te décides à m'expliquer ?!

Moi : Excuse-moi je suis pas dans mon assiette. Pardon pour cet après-midi.

Et c'est tout ce que j'avais réussit à sortir. Pardon pour cet après-midi. J'étais vraiment minable. Qu'est ce que j'attendais pour pleurer sur l'épaule de Sophie ? Pour lui raconter ma prouesse de la journée ? Heureusement qu'elle me secouait celle-là :

Sophie : C'est tout ? Non mais vraiment ? Tu crois que j'te connais si peu ? Attends même en regardant ton dos je peux dire si t'as des soucis ! Merde mais quand est-ce que tu m'appelleras et que tu me diras une fois pour toute "Soph' putain je vais mal" ? Tu sais très bien que tu peux tout me dire ...

Moi : Je l'ai vu tout à l'heure.

Sophie : Qui ?

Moi : Devine ...

Sophie : Oh.

Oh. Oh, voila merci Sophie, je me sentais beaucoup mieux après ce "Oh". Mais ce "Oh" je l'aurais tordu dans tout les sens jusqu'à ce qu'il ressemble en un "Ah" et je l'aurais jeté par la fenêtre ! Saleté de "Oh" qui me pourrissait ! Je ne me souviens même plus pourquoi il était si mal passé ce "Oh" ...

Silence.

Sophie : Quand ça ?

Moi : Avant l'expo.

Sophie : Oh.

Il me poursuivait.

Moi : Oui je sais.

Sophie : Mais .. Mais qu'est ce qu'il c'est passé ? Je veux dire, tu l'as juste vu ? Ou tu lui as parlé ? Putain j'aurais pas du te lâcher d'une semelle t'as dû faire des conneries ! Oh non tu vas pas replonger, non non non moi je te le dis il faut pas ! Il ne faut pas ...

Moi : Soph' ! Arrête, j'ai pas fais de connerie.

Sophie : Oh.

Mais c'est pas possible ?!! Cette fois-ci c'était trop. Pauvre Sophie, il m'en fallait de peu.

Moi : Je te laisse on en reparle plus tard. Je suis fatiguée.

Sophie : Ok dors bien et ...

Trop tard. J'avais raccroché.


# Posté le mardi 01 avril 2008 17:08
Modifié le jeudi 03 avril 2008 12:49


Et ça. Tout ça me trottait dans la tête. Je montais la couverture jusqu'au dessus de ma tête de sorte à être entièrement cachée. Je pensais. Et mon esprit vagabondait dans... Mais attendez ? C'est quoi ça ?
Je soulevais ma couette d'un geste bref et sec et me redressais d'un coup. J'eus un moment d'égarement, une demi-seconde surement, durant laquelle je fixais mon mur. Puis je me retournais vers ma table de nuit. Il sonnait. Mon portable sonnait.

"Sophie." Pensais-je.

Je me penchais amèrement vers lui, en me demandant si j'allais répondre. Le fait que je lui raccroche au nez ne lui avait certainement pas plu.

Voila. J'étais en face à face avec mon portable. Et je constatais, horrifiée, que ce n'était pas un appel de Sophie ... Mon c½ur accéléra soudain, et je perdis le contrôle. Que faire ? Que faire ?? Il ne fallait pas ! Non il ne fallait surtout pas que je réponde. Mais c'était plus fort que moi ...

Moi : Allô ?


# Posté le mercredi 02 avril 2008 11:11